Affichage des articles dont le libellé est Histoire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Histoire. Afficher tous les articles

29.2.12

Bissextile en panne sexuelle























(Cliquez sur la photo pour l'agrandir)

Tomber sur un distributeur de préservatifs en panne, c'est un comble... Celui-ci est situé tout au bout de la Grand-rue. Je crois bien ne l'avoir jamais remarqué avant ce matin.

Bien que bissextile n'ait absolument rien à voir avec le sexe, je n'ai pu manquer d'y voir un hasard amusant en ce 29 février.

Profitons-en pour ajouter un peu de beurre sur la tartine et voyons d'un peu plus près l'origine du terme "bissextile":

"L'habitude d'ajouter une journée intercalaire afin de rattraper le retard pris par l'année civile sur l'année solaire remonte aux Romains. Ceux-ci, avant le calendrier julien, utilisaient l'année dite "de Numa" de 355 jours, soient douze mois lunaires. Le retard avec le calendrier solaire était compensé par des mois intercalaires d'une durée variable fixée par le Grand Pontife. Ce système s'était cependant déréglé au moment des Guerres civiles.

En 45 avant l'ère chrétienne, Jules César, alors dictateur (au sens latin du terme) et Grand Pontife de la République romaine fit appel à l'astronome grec Sosigène d'Alexandrie afin que celui-ci réglât le décalage trop important que l'on constatait entre les années solaires et civiles depuis les Guerres civiles. Celui-ci créa notre année de 365 jours plus une journée intercalaire tous les quatre ans (il faut attendre le calendrier grégorien pour que le système soit encore plus précis).
Ce jour se plaçait entre le 24 et le 25 février. C'était donc le " 24 février bis ". Or, la manière romaine de désigner les jours étant à l'époque très différente de la nôtre, on nommait le 24 février a. d. VI Kal. Mart., soit ante diem sextum Kalendas Martias, ce qui signifie " le sixième jour avant les calendes de mars " (il faut savoir que les Romains indiquaient les jours " à reculons " : ils comptaient le nombre de jours restant avant telle ou telle date plus ou moins fixe dans le mois, les calendes le 1er du mois, les nones le 5 ou le 7, selon les mois, et les ides le 13 ou le 15, selon les mois) ; le " 24 février bis " se disait donc tout naturellement a. d. bis VI Kal. Mart., soit ante diem bis sextum Kalendas Martias : " le sixième jour bis avant les calendes de mars " (si vous avez suivi : " le sixième jour bis avant le premier mars ", en fait).
Notre bissextile provient donc de cet usage romain surprenant de compter les jours " à l'envers " : une année bissextile comprend deux fois le sixième jour avant le premier mars ; " deux fois sixième " se disait bis-sextus ; il suffisait d'ajouter le suffixe -ilis pour obtenir l'adjectif bissextilis : " qui a deux fois un sixième (jour) ", afin de parler d'un(e) annus bissextilis (le mot annus " année " est masculin), " année bissextile ".
C'est plus tard que le jour intercalaire fut positionné le 29 du mois de février, à partir du moment où la méthode latine de décompte des jours fut remplacée par celle que l'on utilise actuellement."

(Extrait de l'article "année bissextile" issu du site "Techno-science.net"

11.6.11

Rue du 22 Novembre, petit matin

















(Cliquez sur la photo pour l'agrandir)

La plupart des Strasbourgeois (sans compter les touristes de passage) ignorent l'origine exacte du nom de cette rue commerçante du centre-ville de Strasbourg.

Didier Daeninckx - le fameux auteur de romans noirs, adapté par Tardi en bd et par d'autres au cinéma et à la télévision - nous offre quelques judicieuses explications. J'en connais qui vont être étonnés.




"11 novembre 1918 : le drapeau rouge flotte sur Strasbourg et l'Alsace proclame la République des soviets... 

Un jour, venant de Strasbourg où j'étais allé repérer les décors d'une nouvelle, je me suis arrêté devant la plaque d'une importante voie de la capitale alsacienne, la « rue du 22 novembre ». Je ne saurais dire pourquoi cette dénomination avait attiré mon attention, mais j'avais demandé à un passant à quel événement elle faisait référence. « A la Libération, en 1944 », m'avait-il répondu. Un simple coup d'oeil sur un livre d'histoire régionale m'apprit que les troupes du général Leclerc avaient fait leur entrée fulgurante dans Strasbourg le 23. La plaque émaillée bleu comportait une grossière coquille historique, ou alors elle commémorait un autre fait marquant. Un ami alsacien émit l'hypothèse que ce 22 novembre avait à voir avec l'armistice de 1918. Je lui rétorquai que dans ce cas, l'erreur ne portait plus sur une journée mais sur onze, la fin des hostilités ayant eu lieu le 11 novembre à midi. 

Une visite dans les archives de la bibliothèque nationale et universitaire, place de la République, l'ancienne Kaiserplatz, me donna la surprenante solution : Strasbourg avait bien été libérée le 22 novembre 1918, mais pas de l'armée allemande ! Les troupes françaises avaient mis fin à un soviet de soldats, d'ouvriers, de paysans... Une telle affirmation demande à être étayée, et il faut revenir à la fin du mois d'octobre de cette année-là pour y voir plus clair. L'Allemagne impériale a perdu la guerre, mais quelques généraux ultras, dont Ludendorff veulent tenter un baroud d'honneur en prenant appui sur la puissante flotte de guerre. La troupe refuse de marcher. A Kiel, sur la Baltique, les marins se mutinent et se constituent en Soviet. Les syndicats ouvriers les rejoignent, et des détachements d'insurgés, drapeaux rouges en tête, se rendent dans les villes voisines pour gagner les habitants à leur cause. Une quinzaine de milliers d'Alsaciens et de Lorrains sont alors incorporés dans la Kriegsmarine, et nombre d'entre eux participent à ces événements. Certains décident de soulever leurs deux provinces natales soumises à une véritable disette, et qui sont agitées de forts mouvements de mécontentement. 

Le 8 novembre, la population de Strasbourg apprend la proclamation de la République des conseils de Bavière. Le lendemain, des milliers de manifestants envahissent la place Kléber pour acclamer les premiers détachements de marins arrivés du nord de l'Allemagne. Des dizaines d'officiers sont dégradés en public. Un train d'insurgés est bloqué au pont de Kiehl, et un commandant loyaliste fait ouvrir le feu. Le soldat Fir est abattu. Ses camarades prennent le contrôle de la ville jumelle de Strasbourg, de l'autre côté du Rhin, puis traversent le fleuve. La bourgeoisie allemande de Strasbourg ne cesse de faire appel aux troupes françaises, afin de mettre un terme aux troubles. Un slogan court les quartiers bourgeois : 
« Plutôt Français que rouges ! ». 

Les marins révolutionnaires alsaciens se forment en Conseil de soldats de Strasbourg, et exigent du gouverneur Von Rohden la libération des détenus, la liberté de presse et d'expression, la levée de la censure sur le courrier, le droit de manifester. Les prisons ouvrent leurs portes, les Conseils se rendent maîtres des bâtiments publics et toutes les marques d'autorité comme les insignes, les grades sont supprimées. La ville se hérisse de drapeaux rouges dont l'un va même flotter sur la flèche de la cathédrale ! 

Toutes les forces sociales tentent de s'assurer le contrôle du mouvement en se fondant dans le Conseil des ouvriers et soldats, présidé par le secrétaire du syndicat des ouvriers brasseurs, Rebholz, qui annonce l'abdication de Guillaume II, à Berlin, et proclame l'avénement d'un pouvoir populaire. Les murs de la ville se couvrent d'affiches « Nous n'avons rien de commun avec les États capitalistes, notre mot d'ordre es : ni Allemands ni Français ni neutres. Le drapeau rouge a triomphé ». Une trentaine de commissions organisent la vie quotidienne : transports, finances, ravitaillement, démobilisation, justice... Des grèves radicales éclatent, comme celle des cheminots. 

Le dirigeant social-démocrate strasbourgeois Jacques Peirotes fait appel au Grand Quartier Général français et demande aux généraux de « hâter leur entrée à Strasbourg, la domination des rouges menaçant de prendre une fin tragique ». L'entrée dans la ville était prévue pour le 25, mais son appel est entendu. Les troupes marchent sans relâche et pénètrent dans les faubourgs le 22 novembre 1918. Le Conseil des ouvriers et soldats déclare qu'il « a rempli sa mission, même si, compte tenu des circonstances, il n'a pu réaliser son idéal politique ». Il décide de remettre l'autorité militaire entre les mains du commandement français. Le général Gouraud fera savoir qu'il ne reconnaît ni le Soviet des ouvriers et soldats, ni aucune des mesures qu'il a édictées. Le 22 novembre, le premier acte symbolique de l'armée française sera d'occuper le Palais de justice où siégeait le « Soviet de Strasbourg ». La troupe s'empare des usines, les décrets sociaux sont annulés, les salaires ramenés à leur niveau de septembre 1918, les « agitateurs » sont expulsés. On choisit les sous-préfets parmi les officiers, des commissions de contrôle de la population, présidées par un officier du 2ème Bureau sont mises en place. 

Il en sera de même dans toutes les villes des deux provinces perdues en 1870. Car le Soviet de Strasbourg n'a pas été une création unique : le premier Conseil a vu le jour à Haguenau, le 9 novembre suivi dans la soirée par Mulhouse. A Saverne les soldats se mutinent, comme à Sélestat. A Colmar le Conseil siège à la mairie, et le futur Feldmaréchal Rommel viendra s'y plaindre des vexations dont sont victimes ses officiers ! Partout sur le front des Vosges on fraternise, on manifeste, drapeaux rouges en tête. En Lorraine, les nombreux immigrés italiens se joignent au mouvement. A Metz, le Conseil siège à l'hôtel de ville sur lequel flotte un drapeau turc dont on a passé le croissant au minium... Des Conseils prennent les usines en charge, on occupe les mines, comme à Knutange. A Algrange, Hagondange, Rombas, les grèves éclatent. A Thionville c'est un acteur, Seelow, qui dirige le conseil, un aumônier militaire à Sarrebourg, un pasteur à Neuf-Brisach... 

Un jour que j'évoquais cette épopée et le nom de cette ville de garnison, Neuf- Brisach, mon ami Rémy Fisch, délégué mineur des potasses d'Alsace, m'a interrompu. 

– Neuf-Brisach ! Maintenant, je comprends mieux ce que me racontait mon père... Il nous disait des choses bizarres, lors des banquets familiaux, mais tout le monde se moquait de lui... Il parlait des soviets et chantait une chanson, « Hop là », en faisant valser les chapeaux, les casquettes... 

Je l'ai suivi à Soultz, sur laquelle veille la masse imposante des collines du Vieil Armand et il m'a traduit les paroles de Joseph Fisch qui, toute sa vie, ne s'est exprimé qu'en alsacien et en allemand : 

– Quand j'ai été mobilisé, en 1917, je travaillais aux fortifications du Vieil Armand. Le 9 novembre 1918, on nous a rassemblés pour nous envoyer sur le front de l'Est. On a fait étape à Neuf-Brisach. Là, il y avait un rassemblement de six mille soldats. La première chose que j'ai vue, c'est un officier supérieur allemand dégradé devant tout le monde, obligé de rendre son épée et ses distinctions. L'atmosphère était surchauffée. La foule entonnait des chansons populaires pleines de joie. Certains chantaient des airs révolutionnaires. La manifestation parcourait la ville et dès qu'on rencontrait un gradé, on l'arrêtait et on disait : « Hop là, donne tes galons, sinon tu prends une claque ». Après, ce qu'on a eu en tête les copains et moi, c'était de ficher le camp le plus vite possible, et rentrer chez nous, à Soultz. Quand on est arrivé, le 10, on est tombé sur un défilé qui venait de la gare, musique en tête. La population de Soultz portait en triomphe Richard Heisch. C'était un responsable socialiste internationaliste, libéré de prison sous la pression du Conseil de Colmar. Heisch était tenancier de bistrot. Il a pénétré dans son troquet et, hop là, il a sauté sur une table et harangué les soldats allemands pour les appeler à partir, pour la paix entre les peuples. J'avais dix-huit ans, je n'oublierai jamais ces journées-là. 

Je crois aujourd'hui que si la plaque de rue strasbourgeoise signale le jour mais reste silencieuse sur l'année, c'est pour faire oublier la force de ce qui se disait là, au coeur d'une l'Europe meurtrie." 

Photos précédentes de cette rue :

ici et .

4.6.11

Rue du Coin brûlé (3)
























(Cliquez sur la photo pour l'agrandir)


La rue du Coin brûlé - déjà présentée sur ce blog ici et  - vue cette fois par l'autre bout, c'est-à-dire côté rue du Fossé-des-Tanneurs.
Un peu d'histoire: "en 1348, un gigantesque incendie détruisit, à Strasbourg, plus de 300 maisons. Arrivé à bout de souffle, il s'arrêta à l'immeuble situé à l'angle de la rue et l'épargna. En 1790, la rue était désignée sous le nom de rue du "Bout du feu".

Vous aurez compris que ce qu'on voit ici date d'une époque bien plus récente.

C'est un assez affreux exemple (pas facile à prononcer) d'architecture de la reconstruction d'après-guerre (1955-1962). "Affreux", ça n'engage que moi n'est-ce pas, mais bien utile tout de même. 

Car ce qu'on aperçoit ici est une toute petite partie des 5 immeubles édifiés suite à la destruction d'un îlot de bâtiments sur l'actuelle place de l'Homme de Fer.
En fait, ce que les Strasbourgeois connaissent surtout de cet ensemble architectural c'est la Tour "Valentin Sorg". Tour moderne de 15 étages et de 48 mètres de hauteur dans laquelle il s'agissait de reloger l'ensemble des familles qui vivaient dans le pâté d'immeubles démoli. Tour qui n'apparaît pas du tout ici. Chaque chose en son temps. Cette vision est bien assez déprimante, pourquoi y rajouter une tour?

Tout ce que j'aime. Tout ce que j'aime. 








6.1.11

Impasse des Pierres























(Cliquez sur la photo pour l'agrandir)

Cette minuscule impasse, plutôt une entrée d'immeuble, fait angle dans la rue de la courtine.
La rue de la Courtine se trouve elle-même entre le quai st-Etienne et la rue St-Etienne.
En plein centre-ville donc.
J'ai toujours aimé ce lieu. Sans doute en partie pour sa porte cochère et l'avancé de la petite maison jaune.
Et puis, ce type de maisons qui se tiennent côte à côté, serrées pour se donner un peu plus chaud, sont bien représentatives de la ville ancienne.


La construction de la rue de la Courtine date de 1300 environ.


Elle a changé plusieurs fois de nom, c'est le moins qu'on puisse dire en lisant la liste ci-dessous (information dénichée sur le sitehttp://www.archi-strasbourg.org):


  • 1300 : Bei St Stephan (date approximative XIVe siècle)
  • 1700 : Steingässel (date approximative XVIIIe siècle "ruelle de la pierre")
  • 1765 : rue de la Porte de la Pierre
  • 1786 : Petite rue de Pierres
  • 1792 : rue de Pierre
  • 1794 : ruelle de Beaurepaire
  • 1817 : rue des Pierres
  • 1817 : Stein-Gässlein
  • 1823 : rue de la Courtine des Juifs
  • 1871 : rue des Pierres
  • 1872 : Judencourtinegasse
  • 1882 : Steingasse
  • 1918 : rue des Pierres
  • 1940 : Steingasse
  • 1942 : Breitensteingasse (allemand) "rue de la pierre large"
  • 1945 : rue des Pierres
  • 1971 : rue de la Courtine



27.12.09

Rue de la Mésange



















Illuminations dans le bleu rue de la Mésange.


Un peu d'histoire:

"Voici une rue chargée de souvenirs.

Elle doit son nom à la présence, au numéro 18, d'un immeuble sur la façade duquel est gravée une mésange.

Autrefois, l'endroit était occupé par les remparts de la ville.

Les jeunes strabourgeois avaient pour habitude d'y venir attraper des mésanges à l'aide d'appeaux confectionnés par leurs soins.

C'est de là que provient le terme meiseloker (pipeur de mésange), qui est le surnom donné aux Strasbourgeois et dont la statue de la place Saint-Etienne commémore le souvenir.

La mésange était aussi le nom de l'un des plus célèbres canons produit par les fonderies royales de Strasbourg.

C'est dans cette rue, encore, que fut fabriqué le premier foie gras truffé de l'histoire de l'humanité (n'ayons pas peur des mots), grâce au génie culinaire du Lorrain, Jean Pierre Clause.

Enfin, c'est ici que naquit en 1536, le célèbre ingénieur militaire, Daniel Specklin."

19.12.09

Première neige...














Nocturne calme sur la place de la Grande Boucherie juste à côté de la place du Marché aux Cochons de Lait.

Un peu d'histoire:

Jusqu'au 16ème siècle, ce quartier est parsemé de petits étals de bouchers.
Les autorités finissent par prendre conscience de la menace pour l'hygiène et la santé publique que représentent ces commerces.

L'ensemble des activités d'abattage et d'écarissage est alors concentré en un même lieu, le bâtiment de la Grande Boucherie (dont on devine un mur à droite sur ce cliché), construit en 1587.

Cette grande halle sera finalement transformée pour devenir le musée historique de la ville à partir de 1922.



18.11.09

Rue du général Frère



















Située à l'arrière du Palais du Rhin, la rue du général Frère relie l'avenue des Vosges au quai Sturm.
Relativement peu connue, très calme, elle abrite quelques beaux bâtiments 1900.

Un peu d'histoire:

Ancien gouverneur militaire de Strasbourg, le général Frère a été le fondateur de l'organisation de la résistance de l'armée dès 1941. Arrêté par la gestapo en 1943 en compagnie de sa femme, il est mort au camp du Struthof le 13 juin 1944. 
L'avenue qui mène à la porte d'entrée du camp porte son nom.

11.9.09

Le musée alsacien (3)
















Pendant la période de l'annexion de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine à l'empire allemand (1871-1918), des artistes et des écrivains soucieux de valoriser la culture alsacienne, fondèrent en 1898 la "Revue Alsacienne Illustrée". 
Celle-ci éditait des articles sur le patrimoine de la région : description de sites emblématiques, d'objets typiques, poèmes en dialecte, etc., illustrés par les meilleurs artistes de la région.
C'est dans le numéro d'avril 1900 de cette revue que fut fait pour la première fois mention du projet de création d'un "musée ethnographique alsacien", dont le but allait être de "conserver aux générations futures les témoins du passé, tous ces objets dont l'existence est aujourd'hui si compromise".

L'idée se concrétisa avec la création, en 1902, de la "Société du Musée Alsacien", sur le modèle d'une Société Anonyme à Responsabilité Limitée (SARL), entreprise privée à laquelle les actionnaires apportaient un capital de départ. 
Très vite, les dons affluèrent et il fallut chercher un lieu pour conserver et présenter ces objets au public. 
Un immeuble Renaissance situé 23, quai Saint-Nicolas retint l'attention des fondateurs par sa position proche du centre ville et son cachet, et fut acheté en 1904. 
La restauration fut menée à bien par l'architecte alsacien Théo Berst, et la présentation réalisée par les deux directeurs Pierre Bucher et Léon Dollinger.
L’immeuble choisi en 1904 pour abriter le musée présente la disposition caractéristique des maisons strasbourgeoises du tout début du XVIIe siècle : un grand porche suivi d’un long couloir conduisant dans la cour où une galerie ouverte en bois relie les deux corps de bâtiment. 
Le bâtiment avant, dont l'oriel sculpté agrémente le quai, fait face à l’Ancienne Douane où se trouvait jadis le port de Strasbourg ; celui de l’arrière, aux pièces plus petites, comporte aussi une vaste cave qui servait d’entrepôt aux négociants propriétaires de la maison. 
De nombreux éléments de la cour furent remaniés lors de l’installation du musée, l’architecte strasbourgeois Théo Berst souhaitant, tout comme les fondateurs, en faire « un ensemble pittoresque ». 
Certains éléments furent copiés sur des maisons de Colmar et de Riquewihr, d’autres, comme les encadrements de fenêtres sculptés datés de 1580, furent récupérés sur des chantiers de démolition.

 
Devenu au fil des décennies bien trop petit pour présenter toutes les collections acquises par achat ou par don, le Musée s'agrandit vers 1980 de deux bâtiments mitoyens, les numéros 24 et 25, quai Saint-Nicolas, portant ainsi à plus de 2000 m_ la surface d'exposition. 
Sous l'impulsion de son conservateur, Georges Klein, il devint un des plus importants musées d'art et traditions populaires en région, accueillant de 60 à 70 000 visiteurs par an.
(Source : site des musées de Strasbourg
http://www.musees-strasbourg.org/index.php?page=musee-alsacien)

9.9.09

Les Ponts Couverts

La construction des ponts couverts débute à partir du 13ème siècle. A cette époque, les risques de surpopulation incitent les autorités locales à entamer l'agrandissement de la ville. Initialement construite sur une ellipse insulaire (l'île Sainte-Hélène), Strasbourg "sort de son lit" et commence à se répandre de part et d'autre des berges de l'Ill et du canal du Faux-Rempart.

D'un point de vue purement défensif, cet agrandissement implique la construction d'un nouveau rempart et le creusement d'un nouveau fossé. Bien que nécessitant une quantité de main-d'oeuvre importante, la partie terrestre de ce chantier n'inspire que peu d'inquiétude aux architectes de l'époque. Leur position est cependant bien différente lorsqu'il s'agit d'aborder la question de la protection des voies fluviales. En effet, tant qu'une rivière entoure une ville, elle représente un obstacle naturel redoutable. Mais, lorsque c'est à son tour d'être entouré par la ville, l'impénétrable rempart aquatique se transforme inévitablement en une brèche bien difficile à protéger.

A Strasbourg, le courant étant orienté Sud-ouest / Nord-est, c'est naturellement la zone des ponts couverts qui représente la partie la plus exposée. Édifiés à l'embouchure des quatre bras de l'Ill, les ponts sont bâtis de manière à pouvoir faire face à tous les types d'attaques. C'est aux épaisses toitures en bois, qui les recouvrent, que ces ouvrages doivent leur curieuse dénomination.

Le chantier dure plus de 20 ans (de 1230 à 1250). Edifiés entre quatre imposantes tours carrées, les ponts subissent au fil des siècles, de très nombreuses modifications. En 1332, les piliers de soutènement, alors en bois, sont remplacés par de solides piles en maçonnerie. Puis, vers 1570, des herses en fer sont installées afin de condamner, en cas de siège, l'accès à la rivière l'Ill.
En 1784, les ponts couverts sont débarrassés de leur toiture. Face aux progrès de l'artillerie "moderne", leur efficacité défensive commence à être remises en cause. Avec la construction du barrage Vauban, les ponts couverts n'ont plus, militairement, lieu d'être. En 1865, ils sont rendus à la vie civile. On les rase et on les reconstruit entièrement en pierres.

6.9.09

Au musée alsacien


Le Musée Alsacien est un musée d’arts et de traditions populaires, qui propose au visiteur un parcours plein de charme à travers d’anciennes demeures strasbourgeoises reliées par des escaliers et des coursives en bois.

Il présente des milliers d’objets témoins de la vie rurale en Asace aux XVIIIe et XIXe siècles: costumes, meubles, céramiques, jouets, imagerie religieuse et profane, etc.

Des reconstitutions d’intérieurs caractéristiques de différents «pays» d’Alsace (plaine agricole, vignoble, montagne vosgienne) et d’ateliers d’artisans jalonnent la visite de ce musée.

Dans les prochains jours, d'autres éléments des collections de ce très beau musée vous seront présentés.


2.9.09

Et s'il n'en reste qu'une?

A l'entrée de la rue d'Austerlitz, sur la façade du restaurant "La ville de Bâle", une enseigne au néon appelle fièrement à boire de la fameuse bière de Hochfelden.

Saviez-vous que c'est en 870 pour la première fois, qu'il est fait mention de fabrication de bière à Hochfelden?
En 1640, Jean Klein installe la brasserie à l'emplacement actuel.

La famille Metzger, issue de brasseurs strasbourgeois, rachète cette brasserie en 1844.


Cette famille s'allie par mariage à la famille Haag, brasseurs d'Ingwiller, en 1898.
La brasserie est encore aujourd'hui dirigée par cette même famille.

C'est en 1925 que Louis Haag, épaulé par ses deux fils Frédéric et Alfred, appelle sa brasserie Meteor, patronyme plus porteur sur le marché français. 

Deux ans plus tard, il lance la fameuse "Pils", une bière réalisée à partir d'une sélection de houblons tchèques (Saaz) qui s'inspire de la célèbre bière de Pilzen. 
Cette bière va lui permettre un certain succès en France.
 
La brasserie Meteor a refusé la logique de la concentration et reste une brasserie familiale et indépendante.
Elle livre aujourd'hui des fûts de bière à 4 000 cafés en France. 
Sa production de bouteilles est essentiellement vendue en Alsace (80 % des ventes) avec des succès dans les bières de spécialité (blanche et d'abbaye) et de saison (bière de Noël et de mars).



(source Wikipédia) 



30.8.09

Usine, Plaine des Bouchers

Au sud du centre-ville, après Neudorf, s'étend le quartier de la Meinau.
Quartier de villas, grands ensembles urbains, enceinte sacrée du club de football, c'est aussi dans ce quartier que l'on peut trouver la Plaine des Bouchers.
Cette vaste zone industrielle et artisanale de 470 hectares longe le canal du Rhône-au-Rhin.
Peu de personnes savent qu'elle est un haut-lieu de l'histoire européenne.
Ancienne prairie, c'est là, sur cette Plaine des Bouchers ou "Metzgerau", que les troupes de Charles le Chauve et de Louis le Germanique firent leur jonction en 842 et que les deux rois signèrent le "Serment de Strasbourg", premier texte connu écrit d’une part en roman et d’autre part en francique, ancêtres des langues française et allemande.

Par la suite lui échut la dénomination "Viehweide der Metzgern" du fait de sa fonction de parcage des bêtes non immédiatement acheminées à l’abattoir.

26.5.09

Place Ste-Madeleine






























(Google Map)


Nuit bien noire dans le quartier de la Krutenau.

De la place Ste-Madeleine, il suffit de franchir cette ancienne porte pour s'engager dans la rue du Fossé des Orphelins.

Ici, c'est le Moyen-Age ou presque. Silence, personne alentour.

Un morceau des anciens remparts de la ville.

Et puis juste après, c'est la rue des Orphelins, l'un des axes importants du quartier.

Pour en savoir plus, ne manquez pas de vous rendre ici.

20.5.09

DNA

















Les Dernières Nouvelles d'Alsace, usuellement appelées DNA, est un quotidien régional français d'information couvrant l'Alsace.

Il a été créé en novembre
1877 (Strassburger Neueste Nachrichten) par Heinrich Ludwig Kayser, un imprimeur et éditeur allemand.

C'est aujourd'hui l'un des plus anciens titres de la
presse quotidienne régionale française.

Lisez la suite sur wikipédia.

J'aime particulièrement retrouver au hasard des rues les petites voiturettes destinées à la distribution du journal.
On les voit un peu partout, elles font partie du décor urbain de la ville de Strasbourg

30.1.09

L'Eglise luthérienne Saint-Pierre-le-Jeune : jeu concours, c'est trouvé !






































































































































(Cliquez sur les photos pour les agrandir)


Le 26 janvier, je vous proposais un jeu-concours.
Et bien ça y est, c'est trouvé ! (cf réponse dans les commentaires)
C'est Sysedit (encore lui; il avait déjà trouvé la réponse à un précédent jeu... Il va avoir droit au filet garni complet !)

Un peu d'histoire :

Les premières traces d’une communauté paroissiale, qui se réunissait dans un lieu de culte situé à l’extérieur de l’enceinte de la ville, datent du 7°siècle.

Très tôt la confrérie de moines proposa des activités cultuelles, une présence servante auprès des petites gens, des malades, des personnes âgées et des activités éducatives.

Devenue paroisse protestante avec l’introduction de la Réforme à Strasbourg, son premier pasteur fut Wolfgang Capito en 1524.

En savoir plus sur l'histoire de cette église

12.1.09

Le Palais du Rhin, place de la république

















(Cliquez sur la photo pour l'agrandir)

"Le Palais du Rhin, ancien Kaiserpalast (en français, palais impérial) se situe à Strasbourg, dans la partie allemande (nord et est) de la ville, sur la Place de la République qu’il domine de son imposante coupole.

Avec le grand jardin qui l’entoure (lui-même ceint de grilles en fer forgé très ornées) et les anciennes écuries situées derrière le bâtiment, il forme l’un des ensembles les plus complets et les plus emblématiques de l'architecture prussienne.

Cet édifice s'inscrit dans le vaste projet de réaménagement urbain entrepris à la fin du XIXe siècle, après l'annexion de l'Alsace par l'Allemagne." (Source Wikipédia : lire la suite).

Ce bâtiment abrite la plus ancienne institution européenne, la Commission centrale pour la navigation du Rhin (son objectif était d'assurer la navigabilité du fleuve international).

En savoir plus sur le palais du Rhin grâce à la DRAC Alsace

La Commission centrale pour la navigation du Rhin

Et l'article de Wikipédia sur la place de la République.


13.11.08

L'attente
























Station Gallia du tramway.

Pour mémoire, cette station doit son nom à l'immeuble "La Gallia" installé juste en face et que l'on devine en arrière-plan de la photo.

Il s'agit d'une véritable institution étudiante.

Dans ses murs se trouve, en effet, le plus vieux restaurant universitaire de France (81 ans d'existence).
Il s'agit du seul restaurant universitaire du pays géré par une association d'étudiants.

C'est aussi une résidence étudiante prisée car située en pleine ville, à deux pas de l'ancienne université (et à quatre du campus moderne).

Rappelons qu'à l'origine le bâtiment était appelé "Germania" (construit par des architectes allemands en 1885); il fut rebaptisé au sortir de la première guerre mondiale.

2.11.08

Le cimetière Ste-Hélène





























































Le cimetière Ste-Hélène se situe à l'entrée de Schiltigheim (quitter Strasbourg par la place de Haguenau en direction du nord).

Créé en 1527, il occupe une surface de 3,5 ha.

Se trouvent ici des sépultures illustres, que ce soit au titre des défunts qu’elles accueillent ou par la richesse de ses monuments.

Cette petite nécropole située aux portes de Strasbourg renferme les tombes des personnalités illustres qui ont marqué la vie strasbourgeoise.

31.10.08

Allons nous promener du côté d'Illkirch-Graffenstaden













































La ville d'Illkirch-Graffenstaden est située à environ 8 km de la cathédrale de Strasbourg en direction du sud.


Comme son nom même l'indique, son origine semble due à une église (Kirche) construite sur les bords de l'Ill.

La première mention du nom date de l'an 700.

En 1416, Illkirch et Graffenstaden entrent dans le fief de la ville de Strasbourg.
Saviez-vous que la signature de l’acte de capitulation de Strasbourg par le marquis de Louvois eut lieu dans la maison communale d’Illkirch (le30 septembre 1648). C'est à cette occasion que la ville devint française.

C'est à la Révolution qu'Illkirch et Graffenstaden sont réunis pour devenir Illburgerstaden puis Illkirchstaden et obtiennent leur pleine indépendance par rapport à Strasbourg.

C'est en 1838 qu'est créée l'usine installée depuis en plein centre (et dont la photo offre un reflet). Elle naît de la fusion entre la Fabrique d’acier du Bas-Rhin (créée en 1825 et mise en vente judiciaire en 1837) et des «Ateliers de construction» de Strasbourg (crées en 1826).
Si les habitant d'Illkirch se nomment les Illkirchois, j'ai appris qu'en revanche il n'y a pas de nom pour les habitants de Graffenstaden (peut-on se fier à Wikipédia?)

Jacques Bigot, brillamment réélu maire en 2008 est le président en exercice de la Communauté urbaine de Strasbourg.

Un site à visiter pour voir la ville "d'hier à aujourd'hui": http://illkirchgraf.free.fr/

Enfin, en septembre 2002, le Parc d’Innovation d'Illkirch a inauguré les nouveaux locaux de l'Université Internationale de l'Espace (ISU). Interdisciplinaire, interculturelle et internationale, l’ISU forme les futurs responsables dans tous les domaines de l’activité spatiale, qu’ils soient techniques, sociaux ou juridiques.


















22.10.08

Le Parc de l'Orangerie, impressions








































































Encore un peu d'Orangerie.

Il faut bien avouer que ce vaste espace vert représente un "must" incontournable de Strasbourg.


Pour les citadins qui ne souhaitent pas gagner les contreforts des Vosges, pour les familles à poussettes ou les papas-kangourous, ce parc municipal est en effet un but de promenade traditionnel.

Le premier cliché de cette petite série offre à vos yeux ébahis d'admirer le fameux pavillon Joséphine, offert par la ville à l'Impératrice.

Rappelons que "l'origine du parc de l'Orangerie remonte au XVIIIe siècle.
Le tracé géométrique à la française des premières allées plantées d'ormes et de tilleuls traditionnellement attribué à Le Nôtre, est en réalité à porter au crédit du maréchal de Huxelles - commandant de la place de Strasbourg - en 1692.

Lors de la Révolution française, la ville de Strasbourg hérite de cent quarante orangers confisqués par les républicains au château de Bouxwiller (collection du comte Jean-Regnier III de Hanau-Lichtenberg) et décide de construire en 1804 l'actuel pavillon Joséphine pour les abriter. Si la vocation première du bâtiment (l'orangerie) donnera son nom au parc, le bâtiment lui-même prendra le nom de pavillon Joséphine (du nom de Joséphine de Beauharnais, impératrice des Français, femme de Napoléon Bonaparte de 1796 à 1809) en souvenir des séjours de l'impératrice à Strasbourg.

Le parc de l'Orangerie est largement agrandi sous la période allemande, à l'occasion de l'exposition industrielle et artisanale de Strasbourg de 1895.

Détruit par un incendie en 1968, le pavillon Joséphine sera reconstruit à l'identique (dans sa volumétrie d'origine) mais pour une vocation culturelle.
Aujourd'hui il se reste que trois orangers conservés dans les serres du parc mais qui ne sont plus accessibles au public." (Source: http://www.waymarking.com/waymarks/WM4E2C).


Dans ce pavillon se tenait l'autre dimanche le salon des meilleurs ouvriers de France. Les lauréats régionaux étaient à l'honneur.


Ci-dessous, 2 clichés pris à cette occasion (coiffure et bijouterie-joaillerie comme vous l'aurez deviné).





































Et pour ceux, parmi vous, férus d'histoire qui voudraient en savoir plus sur Joséphine de Bauharnais, lisez cet instructif article.

Enfin, je ne résiste pas au plaisir de vous recommander la lecture d'un extrait des Mémoires du premier valet de chambre de l'illustre première épouse de Napoléon.