30.5.08

Laisse béton !




































A le voir avec sa longue frange sur ses yeux bleus et son bandana autour du cou, Richard Szesny a un petit air qui fait penser au chanteur Renaud.

La musique il connaît bien d'ailleurs puisqu’il l’enseigne en collège et en conservatoire et qu’il a joué de la trompette classique au sein de formations respectables, dont le philharmonique de Strasbourg.

Après un accident de la circulation – "j’étais en vélo, contre une voiture ça ne pardonne pas!"-pas question de rester bloqué dans un fauteuil.

Richard reprend vite ses études musicales. Et comme son kinésithérapeute découvre sa formidable énergie, il lui conseille de reprendre également des activités sportives.

S’il est toujours musicien, son autre passion c’est le handbike, ce vélo qu’on pratique presque couché sur le bitume avec des pointes à 80 km/h en descente. Sûr que ça décoiffe!

"Et puis, quand on est paraplégique il faut se surveiller sinon c’est la prise de poids assurée, on devient alors vite une charge pour ses proches, et ça pas question, je voulais rester le plus autonome possible."

Richard démarre en compétition en 2001. En 2007, il est vice-champion de France.

Et cette année, ce sera peut-être la qualification pour les JO de Pékin : "Je serai fixé en juin."

Richard participe à une quinzaine de compétitions par an, pour ses entraînements il parcourt jusqu’à 20 000 km dans l’année.

"En été, je profite des vacances scolaires pour des sorties de 120 km sur pistes cyclables. Sur cette distance, je brûle environ 3 fois plus de calories qu’un cycliste valide. Il faut donc bien savoir s’alimenter, c’est essentiel."

La période de révolte qu’il a forcément connue les premiers temps après son accident a cédé la place à la volonté de relever le défi.

"Quand je fais du handbike, je suis complètement dans l’action. Pendant les 4 ou 5 heures d’effort, c’est comme si j’avais le corps au repos. Ca pourrait paraître paradoxal, mais c’est quand je ne fais rien que je suis le plus gêné, j’ai des spasmes que je n’ai pas lorsque je me donne à fond."

Richard souhaiterait que les conducteurs valides prennent un peu plus conscience de sa présence : "La route appartient à tout le monde, ce serait bien de faire passer le message un peu plus."

Pour lui, le handbike revêt plusieurs attraits : "C’est écologique, je prends un vrai bol d’air à chaque fois, je développe mes défenses immunitaires, en pratiquant ce type de sport on tombe moins malade, on devient plus costaud."

Qu’attendent donc les valides pour s’y mettre ?



















3 commentaires:

Anonyme a dit…

Formidable force de vivre, on pourrait croire que le handicape n'est plus q'un détail, les photos parlent d'elles-mêmes...BRAVO!

Patrick a dit…

Volonté d'acier, excellence dans tout ce qu'il touche...musique, sport, Richard est une force de la nature. Respect!

Anonyme a dit…

0_o C'est mon prof de musique.